Imaginaires reliquaires

Les boites de Marion Oster, dite Lucrèce, sont reliquaires étranges ne s'insérant guère dans l'imagerie consensuelle, elles abritent à demeure cette part de vécu en laquelle l'intime se fait complice d'éternité. Elles sont offertes au regard comme une obole silencieuse aux paroles absentes mais à l'indicible prégnance.

Luxuriantes partitions d'une mémoire buissonnière, elles témoignent de voyages lointains que l'on ressasse sans cesse au fond de soi, pour, à satiété, s'en imbiber sans doute.

Fascinantes bribes d'un trop plein de passion, elles regorgent d'incoercibles secrets où l'on s'immisce parfois, en quête peut-être de je ne sais quel «autre» qui ne serait qu'un «autre» soi.

Insignes écrins, où le regard se perd, où le décor se fond en parures anonymes que quelque vague folle emporterait comme autant d'angoisses secrètes.

Reflets sans doute de quelque itinérance ancienne que Marion (Lucrèce) laisse à chacun le loisir de s'approprier pour faire sien cette sourde véhémence qu'elles véhiculent en d'indicibles réminiscences.

Mars 2012

Bernard CHEVASSU